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1924. Les obsèques du CDT du Plessis, commandant du dirigeable Dixmude

Alors que nous avons commémoré le centième anniversaire de la disparition du Dixmude le 21 décembre dernier, nous pouvons également évoquer la cérémonie des funérailles officielles à Toulon du lieutenant de vaisseau du Plessis de Grénédan qui se déroula le 5 janvier 1924 (les obsèques privés eurent lieu le 15 février à La Bernerie en Loire-Inférieure).

Le Dixmude, dirigeable Zeppelin cédé à la France au titre des réparations, avait décollé de Cuers-Pierrefeu le 18 décembre précédent pour un long vol au-dessus de l'Afrique du Nord. Il comptait à bord 52 personnes, passagers compris, sous les ordres de ce lieutenant de vaisseau de 31 ans. Le 20 décembre, il avait survolé Biskra, puis il avait rencontré de forts vents contraires. Le 22, le Dixmude ne donnant plus de nouvelles, des bâtiments basés en Algérie se mirent à sa recherche, mais l'épave fut trouvée peu après au large de Sciacca en Sicile. Les circonstances du drame ne furent jamais totalement élucidées. La thèse la plus communément admise est la rencontre d'un fort orage dont la foudre aurait fait exploser le dirigeable. Quelques jours plus tard, le corps du lieutenant de vaisseau du Plessis fut remonté dans un filet par des pêcheurs siciliens. Sur la dépouille, une montre arrêtée conduisit à situer la catastrophe au cours de la nuit du 21 au 22 décembre. La disparition du Dixmude souleva une très vive émotion.

Cette première photo nous présente le départ du cortège funèbre depuis l'arsenal. Les matelots de dos sont généralement en tenue n°18, avec col et paletot (caban). L'un d'entre eux est cependant en tenue n°16, sans col et sans paletot. A droite, parmi les marins présentant les armes au passage du cercueil, nous pouvons distinguer des marins nord-africains, des baharias, coiffés de chéchias.

La couverture du Petit Journal Illustré du 6 janvier 1924 fut consacrée à la catastrophe. On y voit le commandant du Dixmude et un officier chef du quart chaudement vêtus (nous n'expliquons pas la présence d'un homme couché...). En dépit de l'existence réglementaire d'effets spéciaux depuis janvier 1917 pour le personnel volant de l'aéronautique maritime, il est facile d'imaginer l'inconfort de la nacelle.

Sur cette carte postale du Dixmude figure le lieutenant de vaisseau du Plessis de Grénédan en veston à col ouvert adopté depuis avril 1918. Il arbore sur la poitrine le brevet de pilote de dirigeable de l'aéronautique maritime, si caractéristique avec sa roue de gouvernail en haut. Cet insigne a été créé en avril 1917.

Ci-dessous, Monseigneur Guillibert, évêque de Fréfus bénit le cercueil du disparu.

Le cortège funèbre sillonna les rues de Toulon. Dans ce cortège défila le drapeau des canonniers marins. Le drapeau était porté par un officier de 2e classe des équipages, distingué par ses deux galons et la patte de drap aux trois boutons sur les parements de manche ; cet officier était décoré de la Légion d'honneur. La disposition de la garde du drapeau interroge, avec au premier rang une disposition asymétrique : un second maître méritant, car décoré de la Médaille militaire et de la Croix de Guerre, et un quartier-maître issu comme ceux du deuxième rang du dépôt des équipages de Toulon, comme l'indiquent les rubans légendés. Ce dépôt devait assurer la garde du drapeau à l'époque.

Sur la photographie suivante, le ministre de la Marine Raiberti présente les condoléances du Gouvernement au père du défunt, le colonel (R) Anne Henry Pierre Etienne comte du Plessis de Grénédan, qui s'était illustré pendant la Première Guerre mondiale (officier de la Légion d'honneur, Croix de Guerre). Derrière le ministre se trouve le préfet maritime, le vice-amiral Grasset, que nous distinguons derrière une personne. Le préfet maritime converse avec un autre vice-amiral que nous ne sommes pas parvenus à identifier. Le vice-amiral de droite est en tenue n°2 avec manteau et sabre, arme étrangement portée, accrochée à un ceinturon en soie or et ponceau avec la garde en avant et le bout en arrière et sans bélière arrière. Or, si pendant la guerre, à partir de 1917, les amiraux avaient été autorisés à porter le sabre avec le veston et le manteau, le décret du 11 juin 1923 avait supprimé cette disposition. En principe, l'épée était donc ici requise...

A la fin de la cérémonie, le corps du lieutenant de vaisseau du Plessis de Grénédan fut rapporté à la chapelle ardente. Le cercueil passe ci-dessous devant des marins-pompiers en tenue d'intervention, avec casque en cuivre du modèle 1885-95 et veston de feu en cuir adopté en 1903.

Les photos et le dessin de la couverture du Petit Journal Illustré sont issus de la collection Gallica / BNF.



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