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Une représentation des marins par Moltzheim en 1873

Il n'y a que deux gravures figurant des marins dans l'oeuvre de Moltzheim parue en 1873. Trop peu pour rédiger une "courte critique d'uniformologie maritime", mais assez pour les partager et faire quelques commentaires à leur sujet. Notons que Moltzheim s'intéresse exclusivement aux marins de son époque, ce qui le met à l'abri, a priori, des erreurs. Les marins doivent être conformes à ceux qu'il a eu matériellement la possibilité d'observer (mais l'a-t-il fait ?).

Celle de gauche nous montre au premier plan un matelot de 1re classe et, au second plan, un matelot probablement de 2e classe, le fusil Chassepot au pied, porteur d'un galon de vétérance, soit entre 7 et 14 années de service.

Le premier matelot est en grande tenue telle que définie en 1858, avec le seyant paletot dont la coupe a été rafraichie cette année-là, mais avec le moins élégant chapeau en feutre verni aux bords fortement relevés, si caractéristiques du Second Empire. Ces bords sont à nouveau plats en 1872, avant une disparition progressive du chapeau jusqu'en 1882, les équipages de la flotte n'en étant plus dotés à partir de 1876. Notre matelot paraît décoré des médailles commémoratives de la campagne d'Italie et de celle du Mexique. Chapeau noir et pantalon blanc ne sont pas contradictoires, mais le chapeau de paille aurait sans doute été plus approprié. Sous le paletot, la chemise en toile blanche (et à col bleu qui n'est alors pas amovible) et la chemise en coton tricoté (le rayé) sont de mise. On distingue bien les deux paires de liettes blanches, l'une assujettissant la cravate noire, l'autre restant libre.

Le second matelot est en petite tenue avec le caban et le bonnet dont la houppette est entièrement garance depuis 1870 et la jugulaire est encore en cuir noir jusqu'en 1876. Le bonnet arbore un ruban légendé, courant depuis 1872, mais officialisé en 1873.

La gravure de droite présente cinq officiers de marine. Au premier plan conversent un capitaine de frégate, à gauche, en petite tenue, et un capitaine de vaisseau, à droite, en grand uniforme.

La petite tenue comprend notamment la redingote aux galons uniformément répartis aux manches, la casquette, qui à l'époque comporte une jugulaire en fil d'or tressé, et le ceinturon en poil de chèvre noir.

Le grand uniforme se reconnaît par le port de l'habit brodé au collet et aux parements (ainsi qu'à la taille, dans le dos, pour les capitaines de vaisseau) et du chapeau monté qui est orné aux cornes de glands à grosses torsades, spécificité des officiers de marine. En hiver, le pantalon bleu à bandes or donne beaucoup de classe à l'officier. Le sabre est suspendu à un ceinturon en soie bleue et or.

A gauche de la gravure figure un aspirant de 1re classe, reconnaissable à son aiguillette or et, en grand uniforme, à son habit sans broderies et à son pantalon sans bandes or.

A l'extrême droite du dessin, un lieutenant de vaisseau se fait rendre compte par un enseigne de vaisseau. Le premier est en petite tenue, avec habit non brodé, dont le port est possible au même titre que la redingote mais qui disparaîtra en 1876, car tombé en désuétude. Les trois galons de la casquette et les épaulettes à franges de filé, dont l'adjonction est indispensable car le bas des manches ne comporte pas de galons, distinguent le grade de l'officier.

Les uniformes représentés par Moltzheim sont donc tout à fait conformes aux règlements alors en vigueur.

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