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Jean François Sylvestre Denis de Kerdern de Trobriant, capitaine de frégate sous l'Empire

Un passionné qui travaille sur la biographie des capitaines de frégate ayant servi sous le Premier Empire nous a aimablement communiqué cette photo d'un tableau appartenant au musée des beaux-arts de Tours. Nous allons voir que ce tableau est intéressant à deux titres. Il représenterait le capitaine de frégate François Sylvestre Denis de Kerdern de Trobriant.

Cet officier est né le 7 juin 1765 à Ploujean (Morlaix) d'une mère espagnole et d'un officier de vaisseau prénommé François Marie.

Trobriant sert comme volontaire (aspirant) sur les vaisseaux du Roi de 1778 à 1782. Il poursuit par une carrière sur navire de commerce, puis reprend du service comme aspirant en 1793, puis enseigne non entretenu en 1796. D'après ses états de service, il paraît alterner service dans la marine de la République et service à bord de navires corsaires. Il est retenu prisonnier six mois en Angleterre après la prise du corsaire Le Vengeur, sur lequel il est embarqué, en 1797, puis libéré lors d'un échange.

Il est alors lieutenant de vaisseau et prend le commandement de la corvette La Société pour dix-huit mois. Une affectation en 1801 sur le vaisseau Jemmapes l'amène à Saint-Domingue où il commande la corvette Cigogne puis est capitaine de port en 1803 après avoir combattu aux côtés du général Leclerc.

Souffrant, il bénéficie de congés en France pour rétablir sa santé, puis reprend son service à la mer. En 1806, il commande le brick de 24 Cygne. Capitaine de frégate le 12 juillet 1808, il est nommé au commandement de la frégate Amphitrite.

©Musée des Beaux-Arts de Tours

Cette frégate appartient à la division du contre-amiral jacques Félix Emmanuel Hamelin dont la marque flotte sur la Vénus. Parti de Cherbourg le 10 novembre 1808, en compagnie de la frégate Junon et des deux bricks Cygne et Papillon, Trobriant force l’entrée de la rade de Fort-de-France bloquée par les Anglais, brûle son bâtiment sur ordre du général Louis Thomas Villaret de Joyeuse et va renforcer avec son équipage la garnison du fort Desaix, qui domine la ville de Fort-de-France. Il est tué par un boulet le 14 février 1809 lors de la défense du fort.

Ce tableau posthume est intéressant d'une part parce que le peintre a pris quelques libertés. En effet, l'habit paraît disposer de 7 fausses boutonnières (nous n'en distinguons que 5 mais on peut supposer que celle du bas est cachée par le ceinturon et celle du haut par l'attache de la cape. Or, ces 7 boutonnières ne devraient pas être équiréparties mais groupées 2 en haut, 3 au milieu de la poitrine et 2 en bas. Nous observons qu'il est assez courant que les officiers de marine soient représentés avec un nombre de boutonnières d'habit et une disposition non conformes à leur grade. Nous distinguons par ailleurs une seule épaulette à grosses torsades à gauche, mais pas celle de droite, ce qui ne donne aucune indication sur le grade de l'officier.

Le tableau présente un intérêt d'autre part, car il n'est pas fréquent que les officiers soient représentés avec leur manteau-cape à rotonde, cette dernière étant bordée d'un large galon or. La doublure du manteau est rouge, information inédite dans la mesure où le décret de prairial an XII ne fixe aucune règle.

Ci-dessous, voici deux représentations d'officier de marine en manteau-cape à rotonde, l'une de Rousselot, l'autre de Goichon.


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