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L'arrivée des cendres de l'Empereur à Courbevoie le 14 décembre 1840

Ce tableau connu, peint par Henri Félix Emmanuel Philippoteaux et exposé au Salon de 1867, bien postérieur aux événements auxquels il fait référence, nous donne l'opportunité de décrire les uniformes des marins de l'époque.

Mais d'abord donnons le contexte de la scène qu'il décrit.

Transportée à bord de la Belle Poule, la dépouille de Napoléon a été transbordée à Cherbourg à bord du vapeur Normandie puis, au Val-de-la-Haye, elle a été transférée sur la Dorade n°3, vapeur de la compagnie des Dorades assurant le transport fluvial entre Paris et Rouen. Le navire arrive à Courbevoie le 14 décembre 1840.

Le président du conseil, le maréchal Soult, monte immédiatement à bord et vient s’agenouiller longuement devant le cercueil.

© Photo RMN - Grand Palais - D. Arnaudet Musée national du Château de Malmaison

Sur ce tableau figurent des marins illustres et des marins anonymes. A côté du maréchal agenouillé nous reconnaissons l'amiral Duperré en tenue de cérémonie décrite par l'ordonnance du Roi du 19 août 1836 (habit richement brodé, pantalon de Casimir blanc à galon or, épaulettes aux bâtons croisés et aux sept étoiles, chapeau à plume blanche qui ne devrait pas comporter de galon, ni doré ni noir).

A ses côtés se trouve le Prince de Joinville, alors capitaine de vaisseau de 2e classe en petit uniforme (habit non brodé, pantalon à galon or – il ne devrait pas y en avoir –, épaulettes à grosses torsades et chapeau). Les autres officiers de vaisseau à l'extrême droite sont également en petit uniforme, mais aussi avec pantalon à galon or. Pourquoi ces officiers sont-ils en petit uniforme, alors que les circonstances justifieraient totalement le grand uniforme. Peut-être faut-il y voir la rusticité des conditions de logement sur la Dorade III pendant la remontée de la Seine. On prétend que le Prince n'a même pas eu une cabine !

Le cercueil de l'Empereur est encadré par des matelots qui présentent les armes. Ils sont vêtus du paletot et du chapeau noir en feutre verni ou en cuir bouilli, orné d'un ruban légendé, ce qui pourrait signer leur appartenance à l'équipage de la Belle Poule, à laquelle certains attribuent le premier ruban légendé, alors que le chapeau des gabiers de port et des gardiens de vaisseaux en comporte un depuis 1831. Nous remarquons également le large col bleu, apparu en 1829 puis agrandi en 1832.

Le tableau de Philippoteaux est naturellement de bien meilleure facture que la lithographie populaire réalisée vers 1840 par Eschweller, dessinateur-lithographe, qui est déposée au Musée Carnavalet. Les uniformes des matelots y sont fantaisistes avec des ancres sur les chapeaux, des ceintures-écharpes et un col bleu rayé assez ridicule se terminant à l'avant en noeud de foulard.

Voilà qui pose une nouvelle fois la question de la crédibilité des peintures réalisées bien après les faits qu'elles décrivent, mais aussi du respect complet des règlements par les marins... Au sujet du galon du chapeau de l'amiral Duperré, nous notons que ce portrait contemporain anonyme détenu par le Musée national de la Marine (9 OA 155) montre un chapeau à la plume blanche qui ne comporte apparemment aucun galon.



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