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Les funérailles nationales des disparus du sous-marin Pluviôse.

Le 22 juin 1910 se tinrent à Calais les funérailles nationales des membres de l'équipage du Pluviôse, décédés lors du naufrage de ce sous-marin le 26 mai précédent. Ce naufrage était intervenu à l'issue d'une collision au large du port avec le paquebot assurant le trafic trans-Manche "Pas-de-Calais", alors que le Pluviôse était en exercice avec le sous-marin Ventôse. L'épave du Pluviôse fut renflouée et ramenée à Calais, au fond du port. Là, les corps des vingt-sept malheureux membres d'équipage furent extraits de la coque.

Evénement national qui émut la France entière, cet catastrophe donna lieu à une cérémonie de funérailles allant bien au-delà des prescriptions du décret du 7 octobre 1909 sur le service des places. Celle-ci se déroula en présence du Président de la République Armand Fallières, accompagné de nombreux officiels.

De nombreux attachés navals et militaires vinrent de Paris pour participer à la cérémonie. La photo ci-dessous est intéressante car elle permet la comparaison des uniformes des officiers de marine des différentes nations avec ceux des officiers français. Parmi les militaires étrangers se trouvent un captain britannique au centre (pantalon à bande d'or), un commander japonais derrière et un capitaine de corvette de face au deuxième plan d'une nationalité non identifiée. L'officier de marine français, le manteau sur le bras gauche, est un capitaine de vaisseau ou de frégate ; il cache probablement un Kapitän sur See allemand (une manche émerge avec 4 large galons surmontés d'une couronne impériale). Tous portent le chapeau bicorne (à la main ou sous le bras), les épaulettes, le ceinturon or et soie et, sauf le Français, l'habit brodé ou richement galonné et le pantalon à bandes d'or...

La carte postale suivante nous montre un cortège de Français, mené par le vice-amiral Bellue (préfet maritime de la première région, à Cherbourg). Comparés aux étrangers, les marins français, mis à part l'amiral, ne disposent alors en tenue de cérémonie que de la redingote, sans aucune autre marque distinctive que les galons et les épaulettes, et du pantalon sans bandes d'or. Cette différence, issue d'une funeste décision du ministre Pelletan en 1903, remarquée dans toutes cérémonies internationales, ne fut corrigée qu'en 1912, avec le rétablissement du port de l'habit brodé (décret du 12 mai 1912). Dans le préambule du décret, le ministre de la Marine précisa à l'attention du Président de la République :

"Les officiers de notre Marine militaire possédaient autrefois une grande tenue comportant un habit avec broderies et un pantalon à bandes d’or. Cette tenue a été supprimée il y a quelques années.

Mais si cette suppression n’a présenté en France aucun inconvénient sérieux, il n’en a pas été de même au dehors. De nombreuses plaintes se sont en effet élevées, tant de la part des officiers à l’étranger que des autorités diplomatiques et consulaires. Nous en retrouvons l’écho dans les rapports de nos commandants de forces navales appelés à remplir hors de France un rôle représentatif.

Tous les officiers des autres marines ayant une tenue de cérémonie, il en résulte, dans les rencontres officielles, un contraste gênant pour nos propres officiers.

Il m’a paru qu’il y avait lieu de remédier à cet état de choses, et je vous propose le rétablissement de la grande tenue de cérémonie."

Le convoi mortuaire avec ses vingt-sept cercueils placés sur des prolonges d'artillerie... Hors des détachements qui l'un précède et l'autre suit le convoi, les matelots portent le fusil sous le bras droit, conformément aux règles du décret sur le service des places (art 141).

Ci-dessous, enfin, une vue du Pluviôse remorqué après avoir été renfloué et posé sur le fond dans le port de Calais.

Photos BNF/Gallica

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