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Les marins contribuent à la prise de contrôle de Bône le 27 mars 1832

Exposé à Versailles à l'occasion de l'hommage rendu au peintre Horace Vernet, le tableau ci-dessous représente l'action des marins lors de la libération de Bône en 1832.

Le bref résumé de cette action lors de la conquête de l'Algérie est issu de l'extrait des mémoires du général d'Armandy, alors capitaine d'artillerie.

La ville de Bône avait été occupée par les Français en 1830, puis évacuée par suite de la volonté du maréchal de Bourmont de concentrer toutes ses forces à Alger pour, le cas échéant, venir au secours du roi Charles X confronté à une agitation qui devait aboutir aux Trois Glorieuses et à son éviction.

Une première tentative de reprise de contrôle de la ville en septembre 1831, d'abord bien engagée, se solda en définitive par la mort des cadres européens d'une compagnie de zouaves et de marins des corps de débarquement de la corvette La Créole et du brick Adonis, due à une trahison du bey local...

En février 1832 fut envoyée devant Bône la goélette de guerre La Béarnaise, avec à son bord le capitaine d'Armandy, qui se présenta comme consul à la ville, laquelle se disait affamée et menacée par l'armée du bey de Constantine, qui effectivement n'était pas loin de vouloir conquérir la citadelle par la force.

Pour sauver Bône de la convoitise du bey de Constantine, il fallait hisser sur la citadelle les couleurs de la France. Armandy et Ysuf – nom musulman donné à Joseph Vantini, un homme au destin légendaire, alors interprète et capitaine de chasseurs d'Afrique – avaient tenté de convaincre le bey local d'accepter la protection française, mais devant le refus de ce dernier la garnison s'était rebellée contre lui et l'anarchie s'était installée. Armandy avait quitté les lieux tandis que Yusuf était resté dans la citadelle aux portes désormais fermées pour y obtenir des soutiens.

Aussi un détachement fut formé pour prendre le contrôle de la ville en y hissant les couleurs françaises. Il était composé du capitaine d'Armandy, du lieutenant de frégate du Couëdic, de l'élève de 1re classe de Cornulier, de 24 officiers mariniers et marins de La Béarnaise et de 3 artilleurs. Il pénétra à l'intérieur de la citadelle grâce à une corde lancée à travers une embrasure par Ysuf et ceux que ce dernier avait gagné à la cause de la France.

Nous voyons ici les marins de La Béarnaise qui s'apprêtent à gravir les remparts à la suite d'un des leurs, visible sur le tableau complet, qui porte le drapeau français qui va être hissé sur la citadelle.

Les marins sont dans la petite tenue définie par l'ordonnance du 1er mars 1832, à une exception près qui montre que le tableau a été peint quelques années après les événements (pour le salon de 1835). En effet, si la cravate rouge est bien conforme, le port du chapeau de paille paraît bien incongru, dans la mesure où ce dernier n'apparaît sur la tête des marins qu'en 1834-1835 (première mention officielle dans un texte du 24 décembre 1835). C'est plutôt la casquette à double visière et bandeau alternativement bleu et rouge qui devait alors être portée. Ici, les marins ressemblent davantage à ceux de 1840 du dessins qu'Edouard Detaille réalisa cinquante années plus tard.

Le tableau de Vernet complet présente par ailleurs une situation générale un peu confuse. Nous y voyons en particulier le bey local surveillé par ses anciens subordonnés et surtout un artilleur qui commence à distribuer des pains pour ravitailler la garnison et la population affamées. Nul doute que cette action eut plutôt lieu après le hissage des couleurs et la reconnaissance par tous de la souveraineté française sur la ville...

Mais les peintres du genre agissaient au profit du pouvoir politique pour magnifier les conquêtes et les victoire grâce à leurs oeuvres, pas pour rendre compte de la vérité...

Tous les détails sur l'uniforme des marins non officiers sont à retrouver dans notre ouvrage Équipages et fonctionnaires de la Marine. Corps et uniformes. 1830 – 1940.

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