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Quelques photos des marins de l'Astrée en 1869

Une récente recherche d'iconographie au Service historique de La Défense de Vincennes nous a conduit à la découverte de deux précieux albums de photographies anciennes prises par le photographe et officier de marine Paul-Émile Miot à bord de l'Astrée à la fin de la décennie 1860 (MV ALF 009 et ALAT 019).

L'Astrée est une frégate à voiles, transformée sur cale (allongée) pour permettre l'installation d'une machine à vapeur de 2 400 cv. Sa construction puis transformation a été très longue : mise en chantier comme une frégate de 46 canons en 1845, elle n'a été armée pour essais qu'en 1861. D'abord affectée dans la division navale du Brésil et de La Plata, elle rallie la division du Pacifique en 1868. Elle sera retirée du service en 1877 et viendra à Lorient pour son démantèlement en 1923.

De 1868 à 1871, la frégate, bâtiment amiral de la division navale de l'océan Pacifique parcourt le Pacifique (Tahiti, Marquises, Amérique du Sud). Le contre-amiral Cloué est le commandant de la division ; son chef d'état-major est le capitaine de frégate Paul-Emile Miot, connu pour sa pratique de la photographie. Ce dernier rapportera de sa campagne de magnifiques clichés du bâtiment et de son équipage, mais aussi des Polynésiens et Polynésiennes rencontrés, y compris de la reine Pomaré. Miot sera promu vice-amiral en 1888 ; il sera nommé directeur du musée de la Marine au Louvre en 1893.

Nous nous intéressons aujourd'hui aux photos de l'état-major et de l'équipage de l'Astrée.

L'état-major du bâtiment et de l'amiral est assez nombreux. Le cliché de février 1869 nous présente des tenues assez homogènes (globalement la petite tenue, avec redingote, pantalon blanc et casquette à coiffe bleu – la coiffe blanche n'arrivera qu'en 1882), même si on détecte quelques libertés, souvent admises sous les tropiques, comme le port du chapeau de paille par les officiers ou encore l'absence des épaulettes pour l'amiral : jusqu'en 1876, le port des épaulettes est impératif avec la redingote car elles sont les seuls marques distinctives du grade. En effet, ce n'est qu'à partir de cette année que les étoiles en argent apparaissent sur les manches des officiers généraux de marine.

Les numéros permettent d'identifier les membres de cet état-major.

12 : CA Cloué

13 : CV Peyron, commandant de l'Astrée, donc capitaine de pavillon de l'amiral

8 : CF Huart

16 : sous-commissaire Travers, commissaire de division

4 : médecin principal Lantoin, médecin de division

17 : sous-ingénieur (génie maritime) Duhil de Bénazé, ingénieur de division

10 : aumônier de 2e class Caillibotte, aumônier de division

Et de nombreux autres lieutenants et enseignes de vaisseau. Notons également la présence de plusieurs aspirants de 1re classe et d'un officier suédois répondant au nom de Dalman (18). Les aspirants ne portent pas la redingote mais la veste avec un galon. L'un d'entre eux porte l'aiguillette qui n'est plus obligatoire en veste depuis 1853 ; il est possible qu'il fasse fonction d'aide-de-camp de l'amiral...

Il n'y a pas, semble-t-il, d'officier mécanicien à bord, mais probablement qu'un premier maître qui ne fait partie que du "petit" état-major. Trois corps assimilés sont en revanche représentés, ce qui, le moment venu, justifiera pleinement que leur soit donné le qualificatif de "navigants".

Dans la photo suivante, des timoniers et gabiers prennent la pose. Ils sont vêtus de pantalon en drap, de la chemise en molleton et du bonnet qui n'a pas encore de ruban légendé (réservé alors au chapeau, il n'apparaîtra sur le bonnet qu'en 1873). Le matelot de gauche porte le caban du modèle 1845.

Ci-dessus, la photo nous donne une bonne idée de l'agencement du pont de la frégate, avec son gaillard d'arrière dont l'accès est réservé aux officiers et à l'aumônier.

Suivent quelques vues de l'Astrée au mouillage à Tahiti.

Et enfin de la Reine Pomaré et de son époux.


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