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Salonique. A la résidence, arrivée de l'amiral Merveilleux du Vignaux (23 juin 1918).

Cette photographie issue de la collection de l'ECPAD présente un grand intérêt au plan de l'uniforme, car elle nous présente deux tenues différentes en vigueur au cours de la Première Guerre mondiale, en particulier pour les officiers généraux de marine.

Ces deux amiraux montent l'escalier du perron de la villa dans laquelle le général Sarrail a installé son état-major et qui devient la résidence du général Franchet d'Esperey, appelé au commandement en chef des armées alliées d'Orient le 18 juin 1918.

Le vice-amiral de gauche est Pierre Joseph Gabriel Georges Darrieus, qui est depuis mai 1918 le commandant supérieur naval interallié en mer Égée, responsable du blocus des Dardanelles. Darrieus est en tenue n°3 telle que définie en 1917, avec veston et pantalon blancs. Depuis 1913, et jusqu'en 1926, les pattes d'épaule des officiers de marine sont en toile blanche et non en drap bleu. Et également très représentative de la période la casquette de mer avec coiffe blanche. Celle-ci n'est pas décrite dans les textes réglementaires qui ne prévoient qu'un bandeau noir sur lequel sont apposées les trois étoiles entourées d'un guipé en cannetille dorée, écusson visible ici sur le côté mais apposé sur un bandeau blanc. En principe, la casquette blanche la plus simple devrait être celle comportant les broderies en soie jaune, mais la période de pénurie explique sans doute cet écart.

Le contre-amiral qui le suit est Marie Benjamin Gaston Jean Merveilleux du Vignaux, commandant la division des base d'Orient depuis août 1917. En tenue n°2, avec veston bleu et pantalon blanc, il porte quant à lui la casquette à coiffe blanche et au bandeau noir brodé, ainsi que le sabre, et non l'épée qui dote normalement les officiers généraux. Le sabre, arme réglementaire des officiers subalternes et supérieurs de marine, est en effet adoptée pour les amiraux en tenue n°2, de 1917 à 1923.

Enfin, au bas des marches monte un lieutenant de vaisseau, probablement aide de camp de Darrieus, distingué par le port des aiguillettes sur l'épaule droite.

Ces deux amiraux se rendent à l'invitation à dîner du général Franchet d'Esperey, dont le journal personnel indique que la préoccupation d'alors des marins est l'occupation par les Allemands du port de Sebastopol, où ils s'emploient à remettre en état la flotte russe afin de l'utiliser à leur profit...


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