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Un officier de l'état-major de la compagnie des Gardes du Pavillon amiral en 1819

Récemment en vente aux enchères, ce portait représente le lieutenant de vaisseau Alphonse-Stanislas de Maré, alors 2e lieutenant à l'état-major de la compagnie des Gardes du pavillon Amiral à Brest.

La charge d'amiral avait été supprimée par la Révolution et n'avait pas été rétablie sous l'Empire. De retour en France, Louis XVIII s'empressa de la rétablir le 18 mai 1814 au profit du duc d'Angoulême, son neveu. Ce rétablissement conduisit à la reconstitution de la compagnie des Gardes du pavillon Amiral le 25 mai suivant. Comme dans tous les domaines de l'organisation de la marine royale, on revenait ainsi aux dispositions de l'ordonnance du 1er janvier 1786 s'agissant de ces gardes particuliers, lesquels existaient depuis 1716. Le texte de 1786 avait cependant supprimé les gardes de la marine, les remplaçant par les élèves de la marine (élèves officiers de vaisseau).

Rappelons que les Gardes du pavillon Amiral constituaient depuis l'origine une compagnie de gardes d'élite, fonction honorifique accordée à certains gardes de la marine, les lointains ancêtres des brigadiers et élitards de l'Ecole navale d'aujourd'hui...

L'ordonnance du Roi qui créait un état-major des Gardes du Pavillon amiral précisait que lorsque l'amiral de France – cette fonction était alors totalement honorifique – serait présent dans un port ou commanderait à la mer, il serait formé une compagnie des Gardes du Pavillon amiral, qui serait composée de soixante aspirants de la marine de 1re classe choisis pour monter la garde chez l'amiral, tant à terre qu'à la mer. La compagnie des Gardes devait être commandée par un état-major composée d'un capitaine, de deux lieutenants en premier et de deux lieutenants en second – ce sont ici des fonctions.

En 1819, quand ce portrait fut réalisé, les officiers de cet état-major étaient de fait affectés à Brest, tandis que son "capitaine" demeurait là où résidait l'amiral. La compagnie était alors commandée par le contre-amiral en retraite comte de Colbert-Maulevrier.

La compagnie des Gardes du Pavillon amiral fut de fait supprimée par la Monarchie de Juillet.

Ce portrait présente beaucoup d'intérêt en nous donnant l'aspect général d'un lieutenant de vaisseau des Gardes du Pavillon amiral en petit uniforme (collet bleu), non décrit par un texte réglementaire, dans le grand uniforme antérieur au 31 octobre 1819. A cette date en effet, ces broderies de col héritées de l'Empire disparurent.

Nous constatons que les officiers de l'état-major portaient une aiguillette en or avec un trèfle, comme les élèves de marine, ce qui les conduisait à ne pas porter la contre-épaulette normalement portée par les lieutenants de vaisseau, mais la seule épaulette à franges à graines en or sur l'épaule gauche.

Etaient donc cumulées ou associées, l'aiguillette qui caractérisait depuis 1764 les Gardes du Pavillon et l'épaulette portée par les officiers de vaisseau depuis 1770.

Les deux vues ci-dessous présentent un officier des Gardes du Pavillon en 1764 et un élève de 1re classe Garde du Pavillon en 1816.

Les cadres de l'Ecole navale conservèrent l'aiguillette en or jusqu'en 1891, tandis que les aspirants de cette école eurent l'aiguillette entièrement or ou or et soie bleue jusqu'à la Première Guerre mondiale, signe distinctif hérité des Gardes du Pavillon amiral de 1764.

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