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Le départ de la Jeanne d'Arc pour la campagne de 1948

Le départ pour plusieurs mois de campagne des bâtiments de l'école d'application des officiers de marine est souvent accompagné par une autorité ministérielle. Ce fut le cas en 1948.

Le 22 janvier 1948 commença la 10e campagne du croiseur Jeanne d'Arc. La cérémonie du départ fut présidée par le secrétaire d'Etat aux Forces armées (Marine) Joannès Dupraz qui prononça ici un discours dont voici un extrait :.

Votre vocation, futurs officiers de marine, ingénieurs, commissaires, vous conduit à être des hommes complets, trempés certes par l'exercice de l'autorité, l'hypothèse permanente et, quelque jour, la réalité du combat, mais aussi par l'épreuve vertueuse des affaires humaines dans l'arsenal et sur le bâtiment.

Il est bien de votre droit et aussi de votre devoir de vous demander quels seront vos bateaux et quel sera leur nombre et quelle part vous sera faite dans le Nation, à la Marine et à vous-même. Soyez confiants, et pour cette raison péremptoire qu'il n'y a pas de grande nation sans marine et pas de Métropole sans Union française.

Derrière le secrétaire d'Etat se trouvent le vice-amiral Ortoli, commandant du groupe des écoles, et le capitaine de vaisseau Cabanier, commandant de la Jeanne d'Arc. La Jeanne allait appareiller avec 98 enseignes de vaisseau de 2e classe, 9 ingénieurs mécaniciens de 3e classe, 9 commissaires de 3e classe et 30 ingénieurs de 2e et de 3e classe du génie maritime.

Dans ces années qui suivaient de près la Deuxième Guerre mondiale, les dispositions relatives à l'uniforme n'avaient guère évolué, mise à part la fin – réelle, si ce n'était réglementaire – de la redingote et du bicorne. Pour ce qui concernait l'équipage, les tenues n'avaient pas évolué, même si certains effets pouvaient n'être pas de confection française, mais plutôt américaine, voire allemande. Ainsi, la garde d'honneur paraît similaire à celle des bâtiments d'avant-guerre (Babu 1938 à droite). Les hommes restent armés du mousqueton Berthier 1892M16.

Ci-dessous à gauche, le capitaine de vaisseau Cabanier porte la fourragère obtenue par le sous-marin Rubis qui fut distingué par cinq citations à l'ordre de l'armée au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Cabanier commandait le Rubis en 1940 et est à l'origine du ralliement du bâtiment à la France Libre. Il commanda le Rubis jusqu'au 10 mai 1941. Nous avons un doute sur la couleur de cette fourragère portée ici à titre individuel (avec la petite plaque portant le nom Rubis), car celui qui l'arbore était embarqué sur l'unité au cours des missions qui ont fait l'objet des citations ayant conduit à l'attribution à cette dernière de la citation. La fourragère au couleurs de la Médaille militaire fut attribuée au Rubis le 23 août 1946, pour cinq citations. Mais le commandant Cabanier n'eut quant à lui que trois citations, probablement obtenues lorsqu'il commandait le Rubis. Le Rubis obtint donc au moins deux citations après son débarquement. Dès lors, la fourragère portée à titre individuel par le capitaine de vaisseau Cabanier est-elle aux couleurs du ruban de la Médaille militaire (quatre ou cinq citations) ou aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1939-1945 (deux ou trois citations) ? L'un des lecteurs de ce billet aura peut-être la réponse, car nous n'avons pas trouvé de photo de Cabanier en couleurs...

Il porte le "perchoir", l’insigne à Croix de Lorraine porté par les marins immatriculés dans les Forces françaises libres entre le 18 juin 1940 et le 1er août 1943 ; son port est maintenu au-delà de cette date, comme le montre l'amiral Cabanier alors chef d'état-major de la Marine de 1960 à 1968 (ci-dessous à droite). Rappelons que pour les officiers et les officiers mariniers il s'agit d'un insigne métallique en forme de losange, alors que pour les quartiers-maîtres et matelots il s'agit d'un insigne en drap cousu sur la chemise en molleton (la vareuse).

Voici enfin une photo de l'état-major de la Jeanne d'Arc pour la campagne de 1948. Quatrième assis à partir de la gauche se tient le commandant en second, le capitaine de frégate Baraquin, porteur lui aussi de l'insigne FNFL, et l'aumônier distingué par sa croix pectorale et son bonnet de police (calot), orné en principe du macaron de casquette des officiers. Cette coiffure fut conservée par les aumôniers de la marine jusqu'en 1957.

Deux officiers anciens des FNFL sur tout un état-major de grand bâtiment, cela fait peu. Alors que la marine était en pleine reconstruction depuis 1943, cherchant à fusionner les officiers FNFL et les officiers d'Afrique du Nord, opération difficile comme l'indiquèrent de nombreux témoignages, était-ce une bonne chose de distinguer les uns et les autres au cours de ces années qui suivaient de près le traumatisme du Choix ?

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