1841. Les épaulettes et la ceinture de commandement du vice-amiral Hugon
- marine-maubec
- il y a 4 jours
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A été récemment vendu aux enchères ce lot présumé avoir appartenu au vice-amiral baron Gaud Amable Hugon. Ce lot a été adjugé 2 000 euros, hors frais, ce qui est une somme très élevée, même si cette paire d'épaulettes de vice-amiral est plutôt rare. En effet, bien que la salle des ventes et l'expert (?) ne se soient pas avancés sur la période de ces effets, les connaisseurs auront reconnu des épaulettes de la Monarchie de Juillet ! Car si la forme générale de ces épaulettes ne diffère guère de celle des épaulettes du même grade du Second Empire et de la Troisième République, ce sont la présence d'une couronne et sa forme qui nous orientent vers cette identification.

Ci-dessous, figure le détail de cette couronne royale sur le corps comme sur le bouton, et en bas celui de la couronne impériale. On y constate d'une part que la couronne de la Monarchie de Juillet posée sur le corps est ajourée et d'autre part que sa forme est plus large et moins haute, forme également reprise sur le bouton, que la couronne de 1853.
Mais intéressons nous au vice-amiral Hugon.
Lors d'une récente visite au SHD de Toulon, nous avons découvert ce document qui est le rôle d'équipage du vaisseau Le Trident en 1831. C'était un vaisseau de 80 canons mis en service en 1811. Il avait été envoyé en renfort au Levant en 1827 et avait participé à la bataille de Navarin contre la flotte turco-égyptienne. Il était ensuite resté dans la région en tant que bâtiment amiral de l'escadre du Levant, avant d'être rappelé en Méditerranée occidentale pour l'expédition d'Alger en mai 1830. Ce rôle d'équipage mentionne le contre-amiral Hugon à bord,
Gaud Hugon était né en 1783. Il fut promu contre-amiral le 1er mars 1831 et vice-amiral le 31 décembre 1840. Il était Grand officier de la Légion d'honneur depuis le 20 août 1831. Lors de la bataille de Navarin, alors commandant de la frégate Armide, il avait capturé la frégate turque Sultania et détruit quatre corvettes ; cet exploit lui avait valu le titre de baron.
Après avoir commandé un groupe de bâtiments de transport vers Alger en 1830 sous les ordres du vice-amiral Duperré, Hugon, jeune contre-amiral en 1831, fut désigné commandant en chef de l'escadre du Levant. Il mit son pavillon sur Le Trident du 24 avril au 4 juillet puis du 11 août 6 septembre, ainsi que le mentionnent les pages ci-dessous.
Sur ce même rôle d'équipage, on retrouve le nom d'un marin connu, alors capitaine de vaisseau de 2e classe – deux classes à l'époque et jusqu'en 1867 – Joseph Grégoire Casy, mentor du jeune Prince de Joinville et grand organisateur de la Marine quelques années plus tard, que nous avons déjà évoqué (https://www.marins-traditions.fr/post/1840-les-tenues-des-matelots-telles-que-proposées-par-le-contre-amiral-casy).
Gaud Hugon aurait encore une longue carrière embarquée en Méditerranée avant de quitter le service en 1851 et de siéger au Sénat.
Ces objets, épaulettes et ceinture de commandement en soie écarlate et or – celle-ci présente une particularité avec son noeud-anneau recouvert également de soie de même couleur qui en facilitait sans doute le port, dispositif qui ne figure pas dans l'ordonnance du 19 août 1836 sur l'uniforme des officiers généraux de la Guerre à laquelle devaient se référer ceux de la Marine – sont de précieux souvenirs de la Marine de la Monarchie de Juillet. Espérons qu'ils aient été acquis par un collectionneur français...























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