1870. Dans les forts autour de la capitale, comment se protéger du froid ?
- marine-maubec
- 5 mai
- 2 min de lecture
Ce magnifique tableau de Berne-Bellecour, Pièce d'artillerie lourde française au siège de Paris en 1870-1871, huile sur toile, réplique autographe du tableau présenté au Salon de 1872 sous le titre Un coup de canon, qui appartient à la collection du Musée de l'Armée, présente sur sa droite, aux côtés d'artilleurs, deux matelots dont l'un avait revêtu une peau de mouton pour se protéger du froid.
Or il se trouve que parmi les mannequins présentés dans l'exposition exceptionnelle préparée par le Conservatoire des Uniformes de la Marine de Toulon figure un matelot portant une peau de mouton. Lors du vernissage de cette exposition, Madame le Maire de Toulon, qui figurait parmi les invités, a réagi à la présentation de la vitrine consacrée au siège de Paris de 1870, s'étonnant de la tenue portée par ce matelot.
Cette toile de Berne-Bellecour montre bien la rudesse de l'automne 1870 et du début de l'hiver 1870-1871, et l'adaptation des tenues des marins pour y faire face.

Ci-dessous, nous avons agrandi ces deux marins pour mieux distinguer leurs effets et leur armement individuel. Les 8 800 marins contribuant à la défense de la capitale – les premiers y étaient arrivés les 11 et 12 août en provenance de Cherbourg et Brest – étaient armés du Chassepot et de son sabre-baïonnette. Au-delà de la peau de mouton – les marins arrivés en août ne s'attendaient probablement pas à séjourner plus de six mois à Paris et à devoir y braver le froid –, deux effets suscitent l'attention : le bonnet et la ceinture rouge.

Le bonnet porté lors du siège de Paris est du modèle adopté le 21 février 1870. Il n'a qu'une bande garance sur son pourtour et non deux comme sur le modèle 1858 ; sa houppette – le célèbre pompon – est intégralement garance et non bicolore comme pour le 1858.
La ceinture rouge reste un mystère car elle n'est nulle part mentionnée dans les textes réglementaires de la Marine. Et pourtant les marins de 1870 en sont souvent équipés par les peintres et caricaturistes de l'époque...
Voici le matelot de la vitrine 1870 du Conservatoire. Il est armé du Chassepot et de sa baïonnette et de la hache d'abordage 1833, à la fois outil et arme redoutable, au sujet de laquelle les illustrateurs ont tant fantasmé, en représentant des marins montant à l'assaut de convois ou de positions allemands à coups de hache...
Le dessin de Detaille ci-dessous à gauche, postérieur au tableau de Berne-Bellecour et réalisé pour illustrer le livre édité avec Jules Richard L'armée française, vers 1885, est une autre preuve de l'utilisation de peaux de mouton par les marins à terre en 1870, comme le feraient les soldats des tranchées en 1914 - 1918 et ceux de l'expédition de Norvège en 1940. Au centre et à droite, Toussaint a également représenté plus tardivement des marins de 1870 revêtus de peaux de moutons. Detaille comme Toussaint ont donné au bonnet deux bandes garance, ce qui est une erreur.
Sur les opérations auxquels participèrent les marins en 1870, en mer et à terre, mais aussi sur leur équipement, nous ne pouvons que conseiller la lecture de notre dernier livre La Marine et les marins dans la guerre de 1870 (https://www.marins-traditions.fr/la-marine-et-les-marins-dans-la-guerre).













Commentaires