1870. Le siège de Paris. Les défenseurs du 6e secteur
- marine-maubec
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Voici deux photographies glanées sur Internet qui nous montrent une partie des défenseurs du 6e secteur lors du siège de Paris entre le 18 septembre 1870, date de l'investissement complet de la capitale par les Allemands, et le 28 janvier 1871, date de la capitulation. Elles nous montrent marins, artilleurs, gardes mobiles assurant ensemble la défense de Paris. Tout ceci pour faire attendre les futurs lecteurs de notre livre La Marine et les marins dans la guerre de 1870 qui doit paraître en mars...
Pour assurer cette défense, le général Trochu, gouverneur de Paris, disposait de troupes mobiles – les 13e et 14e corps et la garde nationale mobile pour les tentatives de sortie – et de forts pour la défense statique. En plus de ces derniers, Trochu pouvait compter sur des dispositifs de défense d'intervalle et des troupes pouvant assurer des opérations ponctuelles destinées à déserrer l'étau des assiégeants. Ce dispositif de défense était divisé en 9 secteurs ; dans chacun d'entre eux, un officier général avait autorité sur les troupes de ligne, les mobiles et les douaniers qui y stationnaient et les protégeaient.
8 secteurs furent attribués à la Marine, conséquence de la pénurie de généraux de l'Armée, nombreux étant retenus avec Bazaine dans la nasse que constituait la place de Metz. Parmi ces 8 secteurs, 7 furent confiés à des amiraux. Le contre-amiral vicomte de Fleuriot de Langle reçut la responsabilité du 6e secteur, objet de ces clichés. Ce découpage en secteurs eut quelques inconvénients, les officiers de marine commandant certains forts n’étant pas toujours informés des opérations ponctuelles de reconnaissance dans les abords de leurs ouvrages...

Le 6e secteur concernait Passy, de la porte Dauphine à la Seine, au Point-du-Jour. La carte ci-dessous montre en rouge les forts au Sud-Ouest de la capitale et les ouvrages d'intervalle complémentaires. Les traits partant des forts et des ouvrages sont les azimuts de tir des pièces dont ils disposaient. Il est dès lors probable que ces deux photos furent prises porte de Saint-Cloud ou dans la courtine du Point-du-Jour.

Les deux clichés ci-dessus et ci-dessous furent manifestement pris lors de la même séance.
Intéressons nous aux marins : quelques matelots, l'un debout portant un chapeau en feutre verni avec son ruban flottant, coiffure peu courante au cours des combats à terre, deux autres assis à droite, reconnaissables à leurs bonnets chahutés, l'un en chemise en molleton, l'autre disposant vraisemblablement d'un manteau d'infanterie de marine ; des officiers reconnaissables au port de la casquette, en redingote ou en paletot de matelot (pratique et chaud, bien que non réglementaire pour eux). De nombreuses photos montrent à quel point les effets réglementaires n'étaient guère adaptés au service à terre, en campagne, et au cours d'un automne et d'un hiver qui furent rigoureux.

Le gros du duel d'artillerie ne devait commencer qu'au début du mois de janvier.
Des batteries prussiennes tirèrent alors depuis les hauteurs de Meudon et de Sèvres sur la batterie du Point-du-Jour et sur la batterie flottante mouillée à Javel. Les positions françaises ripostèrent en dehors des périodes de brouillard et de chute de neige qui empêchaient d’observer l’arrivée des coups sur les objectifs.
Voici ci-dessous le contre-amiral Fleuriot de Langle en petite tenue avec sa redingote qui cumulait alors galons au bas des manches, sur lesquels s'ajoutaient les deux étoiles, et épaulettes. C'est assez surprenant à deux titres. D'abord, réglementairement, la redingote des officiers généraux ne portait alors ni étoiles, ni a fortiori galons, car les épaulettes étaient en principe les seules marques de leur grade – ainsi le fixait le règlement jusqu'en 1876. Sauf qu'elles n'étaient pas toujours adaptées à la vie courante, car bien encombrantes. Cependant les deux étoiles étaient sans doute insuffisamment visibles pour signifier le grade lorsque l'amiral ne portait pas sa casquette au bandeau brodé. Comme pour les généraux de brigade, un sixième galon permettait alors d'assurer la visibilité nécessaire...
Nous joignons à l'amiral un quartier-maître et un matelot, dessinés respectivement par Maurice Toussaint et Alphonse de Neuville, dans les tenues de campagne caractéristiques des marins au cours des combats à terre de cette terrible guerre.
Parmi les effets non réglementaires, les marins affectionnaient particulièrement les peaux de mouton.
Fleuriot de Langle termina sa carrière comme vice-amiral préfet maritime à Brest.
Nous donnons rendez-vous à nos lecteurs au mois de mars !











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