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1900. Des prisonniers chinois à bord du d'Entrecasteaux

  • marine-maubec
  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

Ces photos du SHD de Vincennes nous permettent d'évoquer le rôle du croiseur de 1re classe d'Entrecasteaux, ou plus exactement de sa compagnie de débarquement, dans la défense des légations de Pékin en 1900.

Le 31 décembre 1899 était tombée la première victime étrangère des rebelles Boxers, un missionnaire anglais. Début 1900, la haine des Boxers contre les étrangers s'exacerba et des chrétiens chinois furent massacrés. L'impératrice Tseu Hi, loin de les condamner, au contraire favorisa le mouvement des Boxers qui avaient abandonné toute critique à l'encontre de sa dynastie.

Dans ce contexte de montée des périls à Pékin, les différents représentants des puissances occidentales et du Japon demandèrent à leurs capitales la mise en place de contingents pour protéger les légations. Des bâtiments de diverses nationalités se dirigèrent alors vers la mer de Chine.

Ainsi, à la demande du ministre de France à Pékin, M. Stephen Pichon, le d'Entrecasteaux et le croiseur pour campagnes lointaines Descartes envoyèrent dans un premier temps 78 marins en renfort, sous les ordres du lieutenant de vaisseau Eugène Darcy, de l'enseigne de vaisseau Paul Henry, officiers du d'Entrecasteaux, et de l'aspirant de 1re classe Eugène Herber, du Descartes. Ils furent mis à terre le 31 mai, les deux bâtiments français étant mouillés à l'embouchure du Peï-Ho, et rallièrent Pékin par un train spécial. À la demande de Pichon, les effectifs français furent répartis entre la légation, 30 marins sous le commandement de Darcy, la nouvelle cathédrale du Pé-T'ang, 30 marins sous les ordres de Henry – il y trouverait la mort le 30 juillet –, et l'ancienne cathédrale du Nan-T'ang, 15 marins dirigés par Herber.

Les autres nations envoyèrent également des renforts. Les effectifs du contingent "international" initial comportaient en définitive 87 Russes, 82 Britanniques, 58 Américains, 78 Français, 51 Allemands, 42 Italiens, 34 Austro-Hongrois et 29 Japonais. S'y ajouteraient des volontaires civils. Cette petite troupe allait devoir résister à des milliers de combattants durant le siège des légations du 20 juin, jour du meurtre du ministre allemand, au 15 août 1900. Aux Boxers s'ajoutèrent pendant ces 55 jours les soldats de l'armée régulière chinoise.

Le 14 août arrivèrent enfin à proximité de Pékin, pour sauver les assiégés, les premiers éléments de la colonne de secours internationale dite "Seymour", débarquée le 9 juin des différents bâtiments au mouillage dans l'embouchure du Peï-Ho (900 Britanniques, 500 Allemands, 300 Russes, 160 Français, sous le commandement du capitaine de vaisseau de Marolles, commandant du d'Entrecasteaux, 100 Américains, 54 Japonais 40 Italiens et 30 Austro-Hongrois), et des différents contingents renforcés notablement à Tien-Tsin. On y compterait heureusement avant de pousser vers Pékin près de 24 000 soldats (du côté des Français : 6 compagnies d'infanterie de marine et 3 batteries d'artillerie dirigées par le général de brigade Frey) sous le commandement supérieur du général allemand von Waldersee. Il fallait bien cela pour surpasser la fureur chinoise...

Au cours de ces opérations, les Français firent des prisonniers, dont une partie fut embarquée sur le d'Entrecasteaux. Nous ignorons le sort qui leur fut réservé...

Le d'Entrecasteaux était un bâtiment récent, mis en service en 1899, mais déjà un peu déclassé avec une artillerie composée de deux calibres, comme trop souvent sur les bâtiments français à la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècles : 2 pièces de 240 mm et 12 pièces de 138 mm. Les prisonniers Boxers posent ici devant une tourelle de 240 mm.

Et voici en 1900 l'état-major embarqué de la division navale de l'Extrême-Orient et du Pacifique occidental – c'était alors sa désignation officielle – sous le commandement du contre-amiral Courrejolles complété de l'état-major du d'Entrecasteaux. Nous y voyons notamment le lieutenant de vaisseau Darcy, qui se comporta héroïquement lors du siège de Pékin, ce qui lui valut la Croix d'officier de la Légion d'honneur.

Cette photo fut probablement prise après les événements, puisque n'y figure pas le malheureux enseigne de vaisseau Henry qui était au début des événements embarqué sur le d'Entrecasteaux.

Sur ce cliché, les officiers sont en tenue n°5 telle que définie le 3 juin 1891, laquelle autorisait le veston bleu à coupe droite comme la redingote à coupe croisée. Comme il se devait encore, avant la loi de 1905, un aumônier faisait partie de l'état-major de l'amiral...

 
 
 

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