1916. La mise en oeuvre de la moderne artillerie de 340 mm à bord de la Bretagne
- marine-maubec
- il y a 2 jours
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Ces cinq magnifiques clichés issus de la collection de l'ECPAD permettent de bien se rendre compte de la taille des obus de 340 mm qui étaient mis en oeuvre à bord du cuirassé Bretagne à partir de la Première Guerre mondiale.
La Bretagne était le deuxième bâtiment du type Provence. Sa construction avait débuté en août 1912 et le bâtiment avait été mis à flot en septembre de l'année suivante. Sa construction s'était poursuivie après le début de la Première Guerre mondiale, tout comme celle de ses sister ship Provence et Lorraine avec lesquels elle constituait une évolution de la classe Courbet, première série de 3 véritables dreadnoughts, dont ils partageaient la coque. La Bretagne avait été admise au service actif en février 1916. Ces photos furent donc prises sur un bâtiment tout neuf, orgueil de la France en pleine guerre ; elles mettaient en lumière le nouveau calibre adopté : 340 mm (10 pièces en 5 tourelles) modèle 1912, portant à 14 500 m, au lieu du 305 mm (12 pièces en 6 tourelles) des Courbet, sans doute dans le cadre de la propagande de guerre...
Sur la première photo, on est un peu surpris par la pose de ce jeune maître (sans doute car un galon à la casquette), pensif ou subissant la prise de vue sans enthousiasme devant la culasse ouverte du 340. Il paraît vêtu de la tenue de chauffe, pantalon et veste en toile bleue, attribuée dès avril 1892 aux mécaniciens et chauffeurs, puis plus tard aux torpilleurs et manifestement aux officiers mariniers canonniers.

L'embarquement des munitions paraissait à l'époque encore très "artisanal". Les obus de 340 pesaient tout de même entre 465 et 555 kg... Un premier maître en tenue de service courant (pantalon et veston de drap bleu) dirigeait la manoeuvre qui nécessitait une équipe entraînée.

Les quartiers-maîtres et matelots participant à la corvée étaient quant à eux en tenue n°4 définie en 1912, avec pantalon et vareuse de fatigue en toile rousse, avec ou sans chemise blanche (tous ne portaient pas le col bleu). La patron sur le pont portait la tenue de chauffe pour ce mouvement.

Cette photo montre le dispositif de préemption de l'obus par le pont roulant vers le monte-charge.

Les obus et les charges propulsives (gargousses) étaient stockées séparément, dans deux soutes blindées. La soute des gargousses était pleine à la fin du chargement.

D'autres cuirassés auraient dû suivre si la guerre n'en avait pas arrêté la construction : Flandre, Gascogne, Normandie, Languedoc, Béarn. En 1917, d'autres cuirassés encore, dits "de 1er rang", étaient envisagés, portant 16 canons de 340 mm en 4 tourelles, comme les Queen Elisabeth britanniques : Duquesne, Tourville, Lyon et Lille. Eux, dont la mise en chantier devait intervenir en 1915, furent carrément annulés avant que leur construction ne commençât... Seule la coque du Béarn serait utilisée pour donner naissance au premier porte-avions français.





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