1925. Remise de décorations à des sauveteurs à Penmarch
- marine-maubec
- 3 févr.
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C'est un sujet un peu original que nous traitons aujourd'hui, celui des sauveteurs en mer. Ces photos sont issues de la collection BNF/Gallica. Elles rendent compte d'une cérémonie s'étant tenue à Penmarc'h le 15 août 1925 au cours de laquelle des sauveteurs en mer furent décorés pour leurs exploits de la croix de chevalier de la Légion d'honneur par le contre-amiral Cazenave, major général de Brest représentant le préfet maritime de Brest, en présence du sous-secrétaire d'Etat à la Marine marchande M. Daniélou. Plusieurs administrateurs de l'inscription maritime étaient naturellement présents.
Cette cérémonie se déroula à l'occasion du pardon de Notre-Dame de la Joie qui prit cette année-là une ampleur exceptionnelle. En effet, ce pardon se déroula quelques mois après une catastrophe au cours de laquelle les sauveteurs ci-dessous s'illustrèrent tout particulièrement.
Le 23 mai 1925, alors que les pêcheurs étaient en mer et que rien ne laissait présager une brusque dégradation de la météo, une violente tempête se leva soudainement. Le bateau de pêche Saint-Louis chavira avec 6 hommes à bord. Le sémaphore vit la scène et donna l'alarme. Les canots Comte-et-Comtesse-Foucher de Kérity (à redressement automatique) et Léon-Dufour de Saint-Pierre-Penmarc'h (non redressable mais de grande stabilité), de la Société centrale de sauvetage des naufragés, furent armés aussitôt. Comme un certain nombre de canotiers titulaires étaient en mer, des volontaires s'offrirent pour les remplacer, de sorte que l'équipage du canot de Kérity comprenait 4 volontaires sur 12 hommes et celui de Saint-Pierre 7 sur 12 ; les canots s'élancèrent vers le naufrage (à l'époque, à la rame). Peu après, une autre barque de pêche fit naufrage, avec 7 hommes à bord.
Moins protégés par la côte, les canots de sauvetage furent confrontés à une mer déchaînée qui les fit chavirer et envoya tous les sauveteurs à l'eau. Seuls 4 de chaque canots purent être sauvés par d'autres embarcations. 27 marins de Penmarc'h périrent ce jour-là. La catastrophe suscita des questions : pourquoi les armements avaient-ils été imprudents en ne portant pas de gilets de sauvetage ? ; les sauveteurs devaient-ils être attachés sur les bancs de nage ? ; n'était-il pas temps de doter Penmarc'h d'un canot à moteur ?
Nombre de sauveteurs, attitrés ou occasionnels, ayant montré leur courage au cours de ce tragique événement furent récompensés par l'attribution de médailles de sauvetage, mais surtout par trois croix de chevalier de la Légion d'honneur à MM. Eugène Le Gall, François Larnicol (patrons de bâtiments de pêche) et Corentin Coïc (sous-patron d'un canot de sauvetage), qui s'étaient particulièrement illustrés au cours de l'opération de sauvetage.

L'amiral était en tenue n°3 de 1923, avec veston de drap bleu et casquette à coiffe blanche, sans sabre, ce qui n'était pas courant pour remettre des croix de la Légion d'honneur...

Il est possible que l'officier barbu aux cinq galons ci-dessous, derrière l'ex-patron de pêche Kerloch décoré antérieurement, soit un administrateur en chef de l'inscription maritime. Il semble avoir des parements (velours gris cendré) bordant ses galons.

Cette image est poignante. Elle montre à quel point être sauveteur était et reste un engagement dangereux puisque sont ici photographiés les veuves et orphelins des sauveteurs de Penmarch.

Voici un dernier cliché, datant lui de 1928 et pris à Paris devant les locaux de la Société centrale de sauvetage au 243 boulevard Saint-Germain. Il nous montre un sauveteur arborant ses nombreuses médailles, chacune étant un témoignage d'un acte de courage au profit de marins en perdition.

La Société centrale de sauvetage des naufragés (SCSN) fut créée en 1865. Elle était issue de la fédération des sociétés de sauvetage qu'avaient créées plusieurs villes du littoral. Elle fut initialement financée par le recouvrement de souscriptions recueillies dans les différents quartiers de l'inscription maritime et collectées par le trésorier général des invalides, intermédiaire avec la SCSN (circulaire du 10 avril 1865 du ministre de la Marine et des Colonies Chasseloup-Laubat). la SCSN fusionna en 1967 avec la Société des hospitaliers sauveteurs bretons pour former la Société nationale de Sauvetage en Mer, la SNSM.
Voici les modèles réglementaires des médailles de sauvetage.

Ce billet nous offre l'occasion de remercier tous les bénévoles de la SNSM qui donnent de leur temps et risquent leur vie pour assurer les secours en mer.
(Source principale : site KBCPENMARC'H https://kbcpenmarch.franceserv.com/la-catastrophe-du-23-mai-1925-selon-les-annales-du-sauvetage.html)





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