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1928 – 1931. Un chef d'état-major général de la Marine un peu oublié : le vice-amiral Violette

Nous venons de terminer la lecture d'une très interessant biographie consacrée à un personnage qui a marqué la marine de son temps, mais a été un peu oublié aujourd'hui. Quand on évoque le renouveau de la marine de guerre française dans l'entre-deux-guerres, il est courant d'attribuer la très belle marine de 1939 à un homme politique plusieurs fois ministre de la Marine, Georges Leygues, mais aussi à l'amiral Darlan qui exerça à deux reprises les fonctions de chef du cabinet militaire du ministre et devint chef d'état-major général de la marine en janvier 1937.

Mais, comme disait le prince de Joinville, Pour avoir une marine, il faut la vouloir beaucoup, et surtout la vouloir longtemps. Aussi ne faut-il pas oublier les prédécesseurs de l'amiral de la flotte au poste de chef d'état-major général, les vice-amiraux Salaün, Violette et Durand-Viel.

Parlons donc aujourd'hui d'Hippolyte Violette en nous concentrant sur la second partie de sa carrière, lorsqu'il accéda aux étoiles, le 18 janvier 1919, après son action remarquée dans la lutte contre les sous-marins en Méditerranée orientale. Il avait alors moins de cinquante ans, ce qui était jeune pour cette promotion à l'époque. Alors contre-amiral, il prit d'abord la tête de la défense du 1er arrondissement maritime auprès du préfet maritime de Cherbourg, puis de la 2e division de la 1re escadre de la Méditerranée (marque à bord du cuirassé Lorraine).

La première photo de l'amiral Violette, ci-dessous à gauche, est antérieure au 16 juin 1920, date de sa promotion au grade de commandeur de la Légion d'honneur, et la seconde, ci-dessous à droite, est postérieure à cette date, au vu des rappels de décoration sur sa poitrine.

Sur la photo de gauche, il est en tenue n°3 (définie en 1917) avec redingote et casquette. Il porte quatre chevron d'ancienneté sur le haut de sa manche gauche, signe de son déploiement en zone de guerre pendant plus de deux ans et demi en Méditerranée orientale.

La photo de droite le présente en également en tenue n°3 (définie en 1919), avec cette fois veston bleu et casquette. Il porte en plus le manteau et la pèlerine posées sur les épaules. Le cliché date probablement des années 1921 ou 1922 au cours desquelles il fut mis sur la touche, probablement pour ses affinités politiques. Il reçut alors quelques missions d'inspection.

Après avoir été préfet maritime à Rochefort en 1923 et 1924, l'amiral Violette fut appelé au cabinet du ministre. Dans son poste, il fut promu vice-amiral le 24 septembre 1924. Le 1er octobre 1925, il fut désigné au commandement en chef de l'escadre de la Méditerranée (marque sur le cuirassé Bretagne). C'est à bord de ce bâtiment qu'il est ci-dessous pris en photo en tenue provisoire de cérémonie de 1923. Il est ici coiffé du chapeau monté à plume blanche, apanage des vice-amiraux accédant à un commandement supérieur (les futurs vice-amiraux d'escadre).

Enfin, le 10 janvier 1928, il accéda à la fonction de chef d'état-major général (CEMG) de la Marine, Il avait cinquante-huit ans.

On le voit ci-dessous à gauche en tenue n°1 de 1923 ou 1931. Le cliché est postérieur au 3 mars 1930, date à laquelle il reçut du vice-amiral Salaün, son prédécesseur, les insignes de Grand-Croix de la Légion d'honneur. Depuis la fin de 1928, la casquette des officiers généraux de la marine était à écusson frontal ; sous la dent de scie supérieure du bandeau brodé se distinguait la soutache argent des vice-amiraux commandants en chef ou exerçant des responsabilité supérieures. La coupe de la redingote avait été modifiée en 1926, avec l'ouverture du col qui imposait le port de la chemise à col à coins cassés.

Sur la photo de droite, l'amiral apparaît vieilli, à la fin de sa période de CEMG. Il est ici vraisemblablement en tenue n°5 de 1931, avec veston de drap bleu sur lequel il porte de nombreux rappels de décorations.

Nous conseillons la lecture de cette biographie, qui s'appuie sur l'exploitation de nombreuses archives familiales, certaines ayant cependant été détruites après la mort de l'amiral, à sa demande expresse. Ces dernières concernaient sans doute son engagement philosophique et politique, ce que l'on regrettera...

Ce récit est particulièrement intéressant pour retracer l'histoire de la renaissance de la marine dans les années 1920 et au début des années 1930, l'amiral Violette ayant participé à la conférence sur le désarmement naval de Londres en 1930, comme Darlan, chef de cabinet du ministre de la Marine. Violette souffrit alors de la place prise par Darlan comme conseiller du ministre ; il réussit cependant à faire passer ses idées auprès des politiques français qui ne lâchèrent rien face aux Anglais et aux Italiens. Signe d'une certaine humilité, le vice-amiral refusa les cinq étoiles auxquelles il aurait manifestement pu avoir droit et qui lui furent proposées, alors qu'il était en 2e section depuis le 3 mai 1931 (le droit au port de quatre ou cinq étoiles sur les manches, pas sur la casquette, fut accordé aux vice-amiraux ayant exercé des responsabilités supérieures le 16 décembre 1931 ; les rangs de vice-amiral d'escadre et d'amiral ne furent introduits que le 7 juin 1939. Voir à ce sujet notre article https://www.marins-traditions.fr/_files/ugd/c3f5ca_5b7763aba55d44cd983204179860eb82.pdf).

Le refus de cet honneur, inutile à ses yeux, comme les actes de sa seconde vie permettent sans doute de le qualifier d'honnête homme.

Les photos ci-dessus sont issues de BNF/Gallica et du site "Musée des étoiles".


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