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1940. Une équipe de visite de l'Elan intervient sur un cargo allemand

  • marine-maubec
  • 17 févr.
  • 3 min de lecture

Les collections de l'ECPAD regorgent de pépites, comme ces photos d'une équipe de prise de l'aviso-dragueur Élan. Elles montrent à quel point l'équipement et les tenues des équipes de la Marine nationale destinées à intervenir sur des navires pour des visites, enquêtes de pavillon et prises ont pu évoluer au cours des dernières décennies.

L'Élan était un bâtiment de faible tonnage (640 tonnes), mû par deux moteur Diesel jusqu'à 20 noeuds et armé de 2 canons de 90 mm, d'un de 40 mm et de six de 20 mm, du moins à la fin de sa vie opérationnelle en 1958. Il était mis en oeuvre par une centaine de marins.

C'était alors un bâtiment récent, car mis en service en 1939. En 1940, il était affecté à la 2e escadrille d'avisos des Patrouilles de l'Océan. Nous trouvons ci-dessous son équipe de prise le 10 février de cette année-là. Ces marins se seraient apprêtés à monter à bord du cargo allemand Rostock.

Il est toutefois plus vraisemblable que ces clichés aient été pris après l'arraisonnement, voire même après l'arrivée à Brest, du navire ennemi, cela à des fins de propagande (certains clichés auraient été diffusés par le magazine Match). Le Rostock fut en effet pris au large de l'île de Ons (source : J-M Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours), non loin de la côte sud de Galice et l'on peut douter qu'un photographe ait participé à la mission. Comme on peut douter du caractère réaliste de la mise en scène ou de la tenue de l'officier chef de l'équipe.

En dépit de son ceinturon avec baudrier pour porter l'étui "jambon" du revolver 1892, cet enseigne de vaisseau paraît vêtu comme pour descendre en ville, alors que la météo en mer devait imposer des effets plus adaptés, certes moins pratiques qu'aujourd'hui, mais qui existaient. A cet égard, le lecteur intéressé pourra se reporter à l'article suivant : https://www.marins-traditions.fr/_files/ugd/c3f5ca_24e3c0c5f690440c998844e246a31feb.pdf

Les membres de l'équipe de prise, composée de 10 hommes en tout, dont un maître et un second maître, nous montrent un intéressant panachage de tenues, en particulier s'agissant des quartiers-maîtres et matelots : tenue n°111 de 1928 (vareuse sur le jersey), tenue n°61 (effets de toile rousse par dessus les effets de drap), n°1112 (paletot sur la vareuse et le jersey), n°71 (effets de toile bleue par dessus les effets de drap). On s'attendrait à une tenue unique pour un mouvement où les marins durent représenter la France les armes à la main. Noter l'étui du 1892 de certains marins, très succinct, laissant le canon visible, mais tout à fait réglementaire. Il rappelle qu'avant les abordages les pistolets de la Marine furent souvent portés à la ceinture grâce au crochet qui distingue ces armes.

L'Élan était commandé par le capitaine de corvette Pierre Bluzet, entré à l'École navale en 1918 à 17 ans (Parcours de vie dans la Royale). On le voit ici, vêtu du manteau imperméable en gabardine bleu marine, réglementaire depuis le 22 janvier 1931 avec ses deux fois trois boutons en os noirs, interroger le capitaine allemand avec l'aide d'un second maître interprête, qui est vêtu de la capote en drap bleu foncé adoptée en 1923 pour les bataillons de côtes. Portant les ancres rouges au collet, cet effet était en dotation à bord des bâtiments pour leurs compagnies de débarquement. Le premier maître au premier plan est quant à lui vêtu du manteau à coupe croisée mais dont le col n'est pas ouvert, contrairement à ce que prescrivait l'arrêté du 26 juin 1939. Il pourrait s'agir d'un réserviste, ancien d'active, à qui n'a pas été fourni le nouveau veston.

L'équipe de prise observe la cale. Le second maître au premier plan porte la grenade en haut de la manche gauche ; il s'agit donc d'un fusilier, la grenade ayant été adoptée le 2 décembre 1933 pour distinguer cette spécialité.

Voici la planche du Babu de 1938 concernant ces insignes :

Enfin, un quartier-maître de 2e classe nous présente le revolver 1892 en situation. On ne peut s'empêcher de trouver que la photo du centre relève de la mise en scène pour le photographe.

Des images qui montrent l'importance de la propagande en cas de guerre, en particulier à vocation interne. Alors que le pays s'endormait dans la Drôle de guerre, la Marine voulait montrer à la population française qu'elle agissait. Et c'était vrai !

 
 
 

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