1960. L'amiral Auboyneau est fait Grand'Croix de la Légion d'honneur
- marine-maubec
- il y a 21 heures
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Une récente vente aux enchères d'effets ayant pour partie appartenu à l'amiral Auboyneau nous incite à publier ce billet, agrémenté de quelques photographies de l'amiral, les deux premières issues de la collection de BNF / Gallica, la troisième de celle de l'ECPAD.
Ce premier cliché fut pris lors de la remise des insignes de grand'croix de la Légion d'honneur à l'amiral par le général De Gaulle un peu après le 8 novembre 1960, date du décret l'élevant à cette dignité, dans la cour de l'Hôtel de la Marine. L'amiral décéda peu après, le 22 février 1961. Sur cette photo, il apparaît déjà bien diminué...
L'amiral Auboyneau était récompensé pour un parcours exceptionnel. Né le 9 novembre 1899, il était entré à l'École navale en pleine guerre mondiale, en juin 1917. Avant la Deuxième Guerre mondiale qui le rendit célèbre, il exerça le commandement du bâtiment hydrographique Alidade, de la chaloupe-canonnière Doudart de Lagrée et du torpilleur Orage. En octobre 1940, le bâtiment étant intégré dans les Forces Navales Françaises Libres, il prit le commandement du contre-torpilleur Le Triomphant ; il le conserva jusqu'en mars 1942. Il devint alors commissaire à la Marine auprès de De Gaulle, alors que le vice-amiral Muselier avait démissionné de cette fonction, mais il ne fut promu contre-amiral que le 1er juin 1943.
Il devint major général de la Marine en août 1943, sous les ordres du contre-amiral Lemonnier nommé chef d'état-major général de la Marine le 18 juillet 1943. Parmi ses affectations suivirent le commandement de la 3e division de croiseurs, de juillet 1944 à septembre 1945, le secrétariat du Conseil supérieur de la Marine d'août 1947 à mars 1949, l'inspection générale des forces maritimes et aéronavales de novembre 1951 à juillet 1952, le commandement des forces maritimes d'Extrème-Orient de juillet 1952 à octobre 1954, et enfin le commandement en chef des forces maritimes françaises en Méditerranée d'août 1955 à la fin de 1960, année de son passage en 2e section, qui sera malheureusement de courte durée.
Le général pose malheureusement sa main droite sur le haut du bras gauche de l'amiral. Comme nous allons le voir, nous aurions aimé voir l'intégralité de cette manche...

L'amiral était titulaire de nombreuses décorations françaises et étrangères. Il avait été cité six fois à l'ordre de l'Armée (3 fois pendant la guerre de 1939 – 1945, 3 fois pendant la guerre d'Indochine – TOE) ; il était notamment compagnon de la Libération. Il avait été élevé au rang et à l'appellation d'amiral le 14 décembre 1957. (source : base Leonore)
La deuxième photographie fut prise entre le 4 septembre 1945, date de sa promotion au grade de vice-amiral, et le 24 septembre 1952, lorsqu'il reçut le rang et l'appellation de vice-amiral d'escadre. Cette photo n'appelle pas de remarque particulière.

Toujours en remontant le temps, voici le contre-amiral Auboyneau en 1943, sans doute entre le 1er juin et le 18 juillet, à bord du cuirassé Paris, qui était alors un bâtiment-base FNFL à Plymouth. On le voit ici coiffé d'une casquette de mer, avec son bandeau simplifié noir et son écusson portant simplement les deux étoiles. Il devait trouver cette casquette assez pratique et peu fragile, car il existe plusieurs photos de lui, alors vice-amiral ou vice-amiral d'escadre avec une coiffure analogue.

Et voici le détail du lot passé en ventes aux enchères récemment. Il était composé d'un veston et d'une casquette. Évacuons immédiatement cette casquette qui était manifestement composite, car mettant ensemble un bandeau brodé de contre-amiral (un seul rang de feuilles de chêne) et un écusson de casquette d'officier supérieur ou subalterne (sans compter la coiffe blanche qui comportait sur le dessus un trou central, indiquant qu'il s'agissait de toute évidence d'une coiffe blanche de bonnet de marin !)... Et tout cela avec un veston de vice-amiral d'escadre portant quatre étoiles au bas des manches attribué à l'amiral Auboyneau, ce qui est bien possible.
Ce qui nous paraît ici remarquable, ce sont ces chevrons de présence (au front), insignes que nous n'avions encore jamais rencontré chez les marins de la Deuxième Guerre mondiale. Les chevrons sont ici logiquement associés à la Croix de Lorraine, sans doute pour signifier, grâce au nombre de chevrons, l'ancienneté au service de la France Libre.
Mais nous ne connaissons aucun texte ayant défini un tel insigne pour la Deuxième Guerre mondiale. Si l'on se réfère aux règles qui avaient été adoptées au cours de la Première, les six chevrons signifieraient trois années et demie de présence.
Cet ensemble composite a été adjugé 1500 euros, hors frais !













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