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Sur le pont de l'aviso à roues "Ardent". Coup d'oeil sur les marins laptots.

La présence de matelots d'origine africaine au sein de la marine nationale et à bord de ses navires est mal connue. La photographie ci-dessous nous permet de rappeler que la marine royale a créé en 1765 le corps des laptots sur l’Île de Gorée ; « laptot » signifie « matelot » ou « mousse » en oualof. Il s’agit du premier corps de soldats indigènes en Afrique.

Le décret du 29 avril 1881 généralise et officialise le recrutement local pour le service à bord des navires stationnaires, notamment sur les avisos naviguant sur le fleuve Sénégal. La navigation y nécessitant des connaissances que certains indigènes possèdent, des pilotes ou capitaines de rivière sont recrutés. L’armement des stations locales du Sénégal, mais aussi du Gabon, est concerné par ce texte. Le ministre constate qu’ « il y a un intérêt de premier ordre à maintenir à bord de nos avisos du fleuve des hommes acclimatés : nous épargnons ainsi des dépenses d’hommes et d’argent, et nous attirons à notre service, au grand profit de l’influence française, des populations dont le concours nous sera précieux pour l’œuvre de civilisation que nous poursuivons en Afrique ».

Seuls les grades inférieurs ou égaux à maître sont alors accessibles aux marins indigènes.

Les laptots sont recrutés directement par les bâtiments sur lesquels ils embarquent.

Ici, ces matelots indigènes servent sur l'aviso à roues "Ardent" affecté à la station du Sénégal de 1884 à 1904.

Mais ces marins originaires de l'Afrique de l'Ouest furent également embarqués sur d'autres bâtiments que ceux basés à proximité de leur région d'origine. A l'exemple de ce matelot noir ci-dessous à droite servant sur le Vaucluse, un transport qui a fait de multiples campagnes entre 1902 et 1922, mais a aussi participé aux opérations pendant le premier conflit mondial dans des eaux moins chaudes que celles des tropiques. En atteste le port du chandail et du bonnet bleu.

Dans le décret du 25 août 1886, qui modifie la hiérarchie des laptots, en l’approchant davantage de celle des marins européens, il est mentionné explicitement que les marins sénégalais portent la même tenue que les équipages de la flotte. Pourtant, on les voit rarement coiffés du casque blanc. Etait-il l'apanage des marins d'origine européenne ?

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