1927. Une remise de décorations à Shanghai
- marine-maubec
- il y a 7 jours
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Le 2 octobre 1927 eut lieu à Shanghai une cérémonie de remise de décorations. Elle était présidée par le contre-amiral Jean-Jacques Stotz, commandant la Force navale d'Extrême-Orient (FNEO) dont l'état-major était embarqué à bord du croiseur-cuirassé Jules Michelet.
La France disposait d'une concession à Shangai depuis 1849. Elle avait été le deuxième pays occidental à obtenir ce droit, après la Grande-Bretagne qui l'avait gagné à l'issue de la première guerre de l'opium. La concession anglaise devrait devenir "internationale" (fusion avec la concession américaine) ; la concession française resterait purement nationale.
Ce territoire sous juridiction française connut quelques périodes troublées. En 1853, profitant de la rébellion des Taiping qui s'étaient emparés de Nankin, d'autres rebelles prirent le contrôle de Shanghai. En 1860 et 1861, les armées françaises et britanniques intervinrent en Chine, alors que Shanghai était encerclée par les Taiping qui furent repoussés par les milices constituées par les Occidentaux. La concession connut une crise en 1874, un différend en matière d'urbanisme faisant craindre des troubles. Elle resta cependant à l'écart de la révolte des Boxers en 1900 qui toucha particulièrement Pékin.
Du fait de menaces toujours latentes, dues à l'application des "traités inégaux", la France maintint à Shanghai une présence militaire grâce à un ou plusieurs bâtiments stationnaires ou en escale, notamment de la FNEO. Du fait du début de la guerre civile chinoise, elle installa à demeure en avril 1927 un fort détachement de tirailleurs tonkinois. La cérémonie présentée ici se déroulait quelques mois après l'arrivée de ce contingent.
Dans la photo ci-dessous, le contre-amiral Stotz remet probablement des médailles militaires à deux seconds maîtres et à un quartier-maître. Remarquons que les seconds maîtres portaient encore le veston blanc dit "à col officier" (adopté le 22 octobre 1902), alors que l'amiral avait revêtu un veston à col ouvert (adopté le 11 avril 1926) sous laquelle il portait une chemise à col à coins cassés, alors réglementaire pour porter une décoration en sautoir (cravate de commandeur). Les officiers mariniers porteraient le même veston à col ouvert que les officiers bien plus tard, à partir du 26 juin 1939.
Au sujet du veston, blanc, il est possible de se reporter à https://www.marins-traditions.fr/_files/ugd/c3f5ca_225ff21ae22348ec93129cadbd21c0c2.pdf.
Un autre élément intrigue. Ce sont les casquettes des seconds maîtres qui sont intégralement blanches, sans bandeau noir. L'arrêté du 6 septembre 1889 instituant la coiffe blanche pour la casquette des officiers mariniers n'apporte aucune précision à ce sujet. Si l'un de nos lecteurs connaît un texte réglementaire qui indique l'absence du bandeau noir...
L'amiral était accompagné de son aide-de-camp qui lui donnait les insignes à remettre. Des Britanniques semblent avoir été conviés à cette cérémonie ; leur casque blanc montre une forme plus moderne que le "pain de sucre" kaki du tirailleur indochinois armé d'un fusil modèle 1902 ou 1907, plus léger et plus court que le Lebel, et donc correspondant mieux à la morphologie de ces soldats.

Sur ce deuxième cliché, où les officiels saluent, nous pouvons observer que sans décoration en sautoir, liberté était donnée aux officiers de porter la chemise à col à coins cassés ou la chemise à col rabattu. Parmi ces officiers figurent trois membres de l'état-major de l'amiral qui se distinguaient par le port des aiguillettes sur l'épaule droite.

Parmi les officiels se trouvait probablement un administrateur des colonies, responsable de la concession françaises, et assurément le lieutenant-colonel Mallet, le premier chef de détachement responsable de la sécurité de l'emprise.
La concession de Shanghai fut concrètement rendue à la Chine en juillet 1943 et officiellement en mars 1946.





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