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1941. Le sous-marin Surcouf en entretien à l'arsenal de Portsmouth

  • marine-maubec
  • 16 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 déc. 2025

Ces photographies prises pour Life Magazine nous rappellent ce qu'était ce monstre de technologie de l'époque, le sous-marin Surcouf. Un sous-marin atypique, mis en service en 1934, avec ses deux pièces d'artillerie de 203 mm, ce qui en faisait un croiseur sous-marin, et son hangar pour hydravion, ce dernier permettant l'éclairage. C'était le plus grand sous-marin au monde, à l'époque. Une série de 7 sous-marins de ce type avait été prévue ; on s'arrêta à cette unique exemplaire par suite de l'opposition britannique à ce bâtiment "hybride" faisant craindre que la France ne contournât les limitations qui lui étaient imposées par le traité naval de Londres de 1930.

Après la capitulation de la France, alors qu'il se trouvait à Plymouth, le sous-marin fut saisi par les Britanniques par surprise le 3 juillet 1940, lors de la célèbre et funeste opération Catapult qui mena notamment au drame de Mers el-Kébir. Il y eut tout de même un mort lors de la prise de contrôle du Surcouf.

Dès le 1er septembre suivant, le bâtiment fut transféré aux Forces Navales Françaises Libres qui se constituaient avec les quelques bâtiments désormais prisonniers dans les îles britanniques. Il fut avarié à quai lors d'un bombardement de la Lufwaffe en avril 1941. Il était alors sous le commandement du capitaine de frégate Ortoli.

Nous trouvons ici le Surcouf dans l'arsenal de Portsmouth, probablement en avril ou mai 1941, époque à laquelle il dut subir quelques travaux d'entretien (ou de réparation après le bombardement allemand ?). Aucune date n'est associée aux clichés.

Dans la photo ci-dessous, l'officier canonnier donnait des instructions à son personnel dans la tourelle pour l'entretien de la pièce de 203, dont l'imposante culasse était ouverte. L'officier canonnier était alors l'officier principal des équipages Jean, Yves, Marie Léoquet, entré au service en 1909 et qui rallia l'Angleterre en juin 1940 grâce au chalutier Fraternité (source : Historique des Forces Navales Françaises Libres, Tome 3, SHM; p. 369).

L'uniforme de cet officier des équipages est facilement reconnaissable à la patte de drap bleu sur les parements, qui recouvre partiellement les quatre galons. Bizarrement, sa casquette ne paraît pas comporter de galons ; serait-il coiffé d'une casquette de mer sans galons autour de la cuve – le grade y était signifié par un petit écusson frontal – qui n'existait plus pour les officiers supérieurs et subalernes depuis 1927 ? Sa relativement récente promotion au grade d'officier principal (1er octobre 1940) et les probables difficultés d'approvisionnement d'effets français en Grande-Bretagne peuvent l'expliquer. Pour autant, dans une des photos plus bas, il paraît avoir une casquette "normale", avec ses quatre galons...

Les officiers mariniers sont quant à eux revêtus d'effets de travail qui ne semblent pas être ceux de toile bleue délivrés habituellement aux canonniers ; il peuvent avoir eu recours à des effets britanniques. Une autre bizarrerie est constituée par les coiffes de casquette, les blanches des patrons côtoyant la bleue de l'officier.

Le fût du canon devait également être nettoyé et graissé, tâche attribuée à un matelot agile et bien loin des précautions qui ont cours aujourd'hui. Observons son bonnet qui porte le ruban légendé F.N.F.L. créé par l'ordre général n°8 du 23 juillet 1940. On remarquera également ses chaussures, manifestement pas de fabrication française...

Les canons de 203 avaient fière allure ; ils imposaient le respect. Mais la Royal Navy sous les ordres duquel le Surcouf opéra ne sut pas vraiment comment utiliser ce magnifique outil, pas toujours au point cependant, d'après ceux qui l'armèrent. Après avoir envisagé d'en faire un sous-marin de transport – il y en eut plus tard dans la marine japonaise pour ravitailler les îles occupées du Pacifique –, son autorité d'emploi, la Royal Navy, décida qu'il escorterait des convois...

Après plusieurs missions d'escorte à travers l'Atlantique, le sous-marin Surcouf disparut corps et biens dans la nuit du 18 au 19 février 1942, après une collision avec le cargo américain Thomson Lykes en mer des Caraïbes, non loin de l'entrée du canal de Panama.

 
 
 

2 commentaires


Philippe Dbt
Philippe Dbt
17 déc. 2025

Le ruban légendé FNFL fut créé par l'ordre général n°8 du 23 juillet 1940.

PS : Je n'en possède pas de copie, si une âme charitable le possède !!!

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escherer@wanadoo.fr
escherer@wanadoo.fr
17 déc. 2025
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Bonjour. Merci pour cette précision que je vais inclure dans mon texte.

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