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1945. Les hommes du commando Ponchardier défilent à Saigon

  • marine-maubec
  • il y a 3 jours
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Depuis 1940, la situation de l'Indochine était difficile. Dès le 19 juin, profitant de la défaite en France, le Japon avait exigé de contrôler le transit d'essence et de matériel à destination de la Chine à partir du port d'Haïphong. Ainsi, il avait commencé à s'installer dans la péninsule pour surveiller ce blocus, puis pour profiter des facilités de transit qu'il exigea le 2 août. La résistance contre ce début d'occupation s'avérait impossible. Et la pression allait encore s'accroître avec l'entrée en guerre des États-Unis...

Le 25 août 1944, Tokyo déclara qu'il considérait l'Indochine comme une province autonome de l'empire nippon, tout en y maintenant l'administration française pour les affaires courantes. Mais le 9 mars 1945, le Japon posa un ultimatum au gouverneur général : tous ses services devaient être placés sous contrôle japonais. Ce fut le jour du coup de force. Les unités françaises furent rapidement neutralisées par l'armée japonaise ou se sabordèrent pour ne pas tomber aux mains de l'occupant. L'interruption de l'autorité française, ses responsables étant emprisonnés, et la relative bienveillance japonaise conduisirent l'empereur d'Annam à déclarer l'indépendance du Viet Nam.

A l'issue de la capitulation du Japon, le Vietminh contraignit l'empereur à abdiquer et prit le contrôle des services publics. Alors que la colonie avait été placée temporairement sous le contrôle des Britanniques au Sud et des Chinois au Nord, la France décida d'y rétablir sa souveraineté. En plus de la libération des militaires français présents sur le territoire, elle décida d'y envoyer des troupes pour en reprendre le contrôle.

C'est ainsi qu'arrivèrent le 3 octobre 1945 les hommes du commando Ponchardier venant de Ceylan à bord du cuirassé Richelieu. Le commando était accompagné des premiers éléments du 5e régiment d'infanterie coloniale embarqués à bord du cuirassé.

Le commando parachutiste de l'Aéronavale, créé le 1er janvier 1945 sur la base d'aéronautique navale de Hyères Le Palyvestre à partir de marins commandos formés en Afrique du Nord par des instructeurs anglais et américains, et commandé par le capitaine de corvette Ponchardier, comprenait 116 hommes ; il avait été d'emblée destiné à servir en Extrême-Orient, après un complément de formation en Angleterre de février à juin.

Le 9 octobre, le commando dégagea la banlieue de Saigon aux mains du Vietminh, tandis que le corps de débarquement du Richelieu prenait le contrôle des points sensibles de la ville.

La photo ci-dessous, issue de la collection de l'ECPAD, mentionne la date du 4 octobre 1945 pour ce défilé dans les rues de Saigon (avec l'hôtel Continental, reconnu par notre confrère de La Sabretache, Jean-Philippe Ganascia). Bien qu'étrange en regard des opérations nécessaires à la reprise du contrôle de la région de Saigon, cette date est confirmée par les différents récits.

Le commando y paraît équipé d'effets et d'armes britanniques (Sten), mais est coiffé de la casquette ou du bonnet de marin pour bien souligner son identité.

Le cliché ci-dessous de Ponchardier est postérieur. D'abord, il semble équipé d'effets américains ; ensuite il y est capitaine de frégate, grade auquel il ne fut promu qu'en 1946. Il est ici armé du pistolet-mitrailleur MAS 38.

En même temps que le commando Ponchardier avaient débarqué les hommes du bataillon SAS du 5e régiment d'infanterie coloniale. Ce sont probablement ceux-ci qui défilèrent le même jour, accueillis à bras ouverts par la population européenne, à bout après une pesante occupation japonaise et des semaines de désordre et d'exactions du Vietminh.

Le site Image Défense (ECPAD) présente quelques photos ou vidéos relatives à l'arrivée des bâtiments français à Saigon. Les marins y sont dans des postures peu formelles. Ils s'attendaient sans doute à une opposition du Vietminh.

Le commando Ponchardier allait s'illustrer lors de la reprise de Mytho, Vinh Long et Cantho à la fin du mois d'octobre 1945 et connaîtrait encore bien d'autres combats en Indochine.

Voici deux insignes du commando, le brevet parachutiste de l'Aéronavale à gauche et l'insigne du bataillon SAS auquel il appartenait aux côtés de coloniaux du 5e RIC.

(Source: Michel Zannelli, Les commandos de Ponchardier. À la vie, à la mort, Heimdal, 2018)

 
 
 

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