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La protection de la légation française de Séoul par les marins français en 1903- 1904

A la fin de 1903, la Corée, où les congrégations chrétiennes sont nombreuses, est en proie à des mouvements xénophobes rappelant ceux qui ont agité la Chine au printemps de 1900. En dépit de l'ordination de prêtres coréens dès 1896, le nombre de missionnaires occidentaux reste très élevé. Des affiches exprimant la haine des étrangers sont collées sur les murs de Séoul et l'on assure que l'armée coréenne serait prête à faire cause commune avec les fauteurs de troubles. Les puissances occidentales et le Japon craignent alors pour la sécurité de leurs légations. Dès lors les emprises russe, britannique, allemande, japonaise et française vont être protégées par des détachements de marins des différentes forces navales stationnées en Extrême-Orient.

C'est dans ce cadre qu'un jeune aspirant de 1re classe – un enseigne de vaisseau de 2e classe aujourd'hui – va assurer, avec un détachement débarqué du croiseur de 2e classe Kersaint, la protection de la légation française. Le Kersaint appartient à l'escadre de l'Extrême-Orient commandée par le vice-amiral Bayle, dont la marque est portée par le Montcalm. Les intérêts de la France en Corée, mais aussi russes au début de 1904 – la guerre russo-japonaise commence dans la nuit du 8 au 9 février –, sont défendus par un chargé d'affaires français, le vicomte Joseph, Louis, Gabriel, Antoine de Fontenay, diplomate qui connaîtra une belle carrière en exerçant les responsabilités d'ambassadeur de France auprès du Saint-Siège de 1928 à 1932.

Cet aspirant s'appelle Emmanuel Ollive. Nous devons à son petit-fils Bernard, que nous remercions chaleureusement, les clichés ici reproduits. Ollive va côtoyer pendant quelques mois des marins européens, des diplomates et des religieux dans un pays en proie au désordre et dans un contexte international tendu. Le Japon, qui avait des vues sur la Corée dès 1873 et y a déjà une grande influence en 1904 – ceci explique le départ des diplomates russes et leur représentation par les Français (Séoul est envahi par les soldats japonais) –, annexera le pays en 1910.

Voici une photo probablement prise avant le déclenchement des opérations par les Japonais (lors de l'escale permettant de mettre à terre le détachement du Kersaint ?). Des marins de plusieurs nationalités y prennent la pose avec de nombreux religieux européens et coréens. Outre des officiers français, nous y distinguons au dernier rang des marins allemands (paletot avec l'ancre sur la manche gauche) et probablement des marins russes en tenue blanche, avec chapeau de paille ou bonnet à ruban légendé.

Sont photographiés ici les membres les plus éminents de la communauté française, à Séoul probablement, et quelques religieux coréens. Plusieurs officiers de la marine figurent sur le cliché.

Nous pouvons reconnaître sur cette photo :

A : un probable mécanicien principal de 1re ou de 2e classe (les parements paraissent d'une couleur légèrement différente du reste de la redingote, officier détenteur d'un sabre).

B : un aspirant de 1re classe (un seul galon, contre-épaulette à gauche, épaulette à droite). Ce ne semble pas être Ollive.

C : un lieutenant de vaisseau (deux épaulettes à franges de filé) au 2e rang et un possible commissaire de 2e classe (deux galons et épée) au dernier.

D : un capitaine de frégate ou de vaisseau (deux épaulettes à grosses torsades et sabre) et un lieutenant de vaisseau (deux épaulettes à franges de filé) au 1er rang. Ces deux officiers portent le casque blanc modèle 1882. L'officier au 2e rang n'est pas de la marine (boutonnage droit).

Et voici l'aspirant de 1re classe Emmanuel Ollive, chef du détachement des marins laissés sur place. Il est photographié en tenue n°5, avec pantalon blanc, casquette à coiffe blanche et veston à coupe droite ( coupe qui sera remplacée avec bonheur par celle croisée et à col ouvert en 1918). Et à droite le vicomte Joseph de Fontenay qui lui exprime sa reconnaissance par une photo dédicacée en juin 1904.

A Séoul, le jeune Ollive va assister à des scènes de guerre, les Japonais réprimant toute velléité de résistance des Coréens. Ces photos portent les légendes suivantes : "Séoul, exécution d'espions coréens par les Japonais".


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