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Le 7 juin 1854, mourait l'amiral Charles Baudin...

Charles Baudin fait partie des très grands marins élevés à la dignité d'amiral, mais il ne fut jamais représenté dans l'uniforme le plus prestigieux de la marine française, le bâton d'amiral à la main. En effet, Napoléon III le fit amiral par un décret impérial du 27 mai 1854, mais Baudin, déjà malade, mourut le 7 juin suivant.

De Charles Baudin, on ne dispose donc que d'un portrait alors qu'il est vice-amiral. Ce portrait est signé Charles Émile Hippolyte Lecomte-Vernet. Il fait partie de la collection du Musée national de la Marine (M5026-2001-DE-0008-2).

Charles Baudin naquit à Paris en 1784 et devint marin en 1799, juste après la mort de son père qui connaissait le général Bonaparte. "A peine nommé consul, Bonaparte s'empressa d'envoyer à ma mère son aide de camp, le général Victor, depuis maréchal et duc de Bellune, pour lui témoigner la part qu'il prenait à ses regrets et lui exprimer le désir que j'entrasse dans la marine."

Baudin aurait une très belle carrière au cours du Consulat et de l'Empire : commandement d'une canonnière à vingt ans et de deux vaisseaux de prise à vingt-deux. Il perdit son bras droit en océan Indien lors du combat du 15 mars 1808 mené par la frégate Sémillante, sur laquelle il était embarqué, contre la Terpsichore anglaise. Il reçut la Légion d'honneur en 1809, avant de prendre un nouveau commandement en Méditerranée, celui du brick Renard de 16 bouches à feu. Ses combat lui valurent d'être promu capitaine de frégate en 1812 et de recevoir le commandement d'une frégate de 44 canons, la Dryade, lancée à Gènes et d'équipage majoritairement italien.

Pendant la première Restauration et les Cent Jours, Baudin commanda la corvette de 32 canons Bayadère. Après la second abdication de l'Empereur, cette corvette se trouva dans l'estuaire de la Gironde et fut pressentie pour amener Napoléon aux États-Unis. Mais l'entourage de l'Empereur le dissuada de fuir ainsi, croyant encore à la sollicitude de l'Angleterre...

Ces faits valurent à Charles Baudin d'être placé en non-activité. Blâmé, il demanda sa mise à la retraite en 1816, quelques mois après le début de la Seconde Restauration.

Mais il reprit du service dans son ancien grade en 1830 et c'est sous la monarchie de juillet qu'il connut la plus grande gloire. Il fut promu capitaine de vaisseau en 1834 et commanda successivement les vaisseaux Triton et Suffren. En 1838, récemment promu contre-amiral, il dirigea l'expédition du Mexique, ayant sous ses ordres le prince de Joinville, commandant la corvette La Créole (https://www.marins-traditions.fr/post/les-marins-du-bombardement-du-fort-de-saint-jean-d-ulloa-et-de-la-prise-de-véra-cruz ). Promu vice-amiral en 1839, il fut ensuite préfet maritime à Toulon, puis commandant en chef de l'escadre de la Méditerranée.

Ce sont les faits d'armes de son escadre devant Vera Cruz et sans doute également l'extrême dévouement à son oncle qui amenèrent Napoléon III à lui conférer la dignité d'amiral peu de temps avant sa mort : "Le 27 mai 1854, l'empereur Napoléon III, juste appréciateur de cette vie toute d'honneur et de dévouement, faisait déposer sur le lit de douleur de l'héroïque officier le bâton d'amiral. Charles Baudin est mort, le 7 juin 1854, investi de la dignité à laquelle les plus grandes renommées aspirent." (vice-amiral Jurien de la Gravière, L'amiral Baudin, Librairie Plon, 1888)

Examinons l'uniforme de vice-amiral de Charles Baudin, promu Grand Officier de la Légion d'honneur le 18 avril 1843. Amputé de l'avant-bras, sa manche droite est manifestement retenue par une petite chaînette frappée sur un petit bouton ajouté à l'habit. Cet habit est celui de grande tenue – celui de cérémonie est richement brodé sur la poitrine et le long des basques – adopté en 1844 pour les officiers généraux. Rappelons qu'à l'époque l'uniforme des amiraux se conforme à celui des généraux (pas de texte spécifique "marine"), à l'exception des ancres qui s'ajoutent aux broderies. En plus du double rang de broderie de feuilles de chêne au collet et aux parements, les épaulettes marquent le grade, avec leurs trois étoiles.

Baudin porte la ceinture de commandement ponceau et or des vice-amiraux, qui comporte des glands ornés des trois étoiles. Le pantalon bleu comporte les bandes or de 45 mm de largeur.

Seule anomalie dans ce tableau de Lecomte-Vernet, l'épée ne paraît pas du tout du modèle : son clavier, totalement rabattu, et sa fusée ne sont pas conformes à la forme du modèle adopté en 1836 et confirmé en 1844.

Mais peut-être l'amiral avait-il cru bon de conserver l'épée qu'il avait sous l'Empire... A cette époque, nombreux furent les modèles non réglementaires.

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